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lundi 26 décembre 2016

Rêves de la Mer (Les)..........un roman d'Élisabeth Vonarburg

Titre : Les Rêves de la Mer, tome 1 du cycle de Tyranaël
Auteure française vivant au Canada : Élisabeth Vonarburg
Première édition en 1996
Catégorie : roman de science-fiction (planet opera)
360 pages

Photo du livre

Comme beaucoup d’autres sur sa planète, Eïlai rêve. Elle rêve de scènes réelles, provenant du passé ou du futur. Mais Eïlai n’est pas comme les autres et marquera l’histoire de sa société ; car elle est la première à rêver des Étrangers. Qui sont-ils ? Des “hommes”, venus d’une planète qu’ils appellent la Terre, qu’ils fuient après l’avoir en partie rendue invivable. Eïlai rêve qu’ils débarquent sur sa planète, qu’ils trouvent vidée de ses habitants depuis plusieurs siècles. Ils découvrent ainsi des villes inhabitées, restées en parfait état. Peu à peu ils colonisent la planète, s’appropriant comme ils peuvent tous ces bâtiments vides.

Eïlai rêve de leur appréhension face à la “Mer”. Ils ne comprennent pas ce qu’elle est. Pour eux, elle est un phénomène étrange, une substance dangereuse qui annihile la vie sur son passage. Car la Mer est en effet impressionnante : entre deux éclipses, elle recouvre toute une partie de la planète, et fait disparaître tous les êtres vivants qu’elle rencontre. Mystérieuse Mer, qui est peut-être aussi responsable du comportement étrange de l’électricité sur cette planète : en présence de la Mer, elle ne fonctionne qu’aux altitudes les plus élevées.

Eïlai rêve ainsi de l’histoire de ces hommes, étalée sur plusieurs dizaines d’années, des premiers colons jusqu’à l’affirmation d’une nouvelle société humaine. Tout cela sur sa planète. Rêve-t-elle de l’avenir ? D’une réalité parallèle ? Nul ne le sait.

Tenir dans sa main un Vonarburg, l’auteure des Chroniques du Pays des Mères, véritable chef d’oeuvre de la science-fiction, ne laisse pas indifférent. On nourrit énormément d’attentes. On essaye malgré tout de se raisonner : pour éviter toute déception, on se dit qu’en ayant déjà lu le meilleur de ses romans, on ne peut trouver cette fois qu’un texte inférieur. On tourne la première page, et déjà notre préparation psychologique tombe à l’eau : les éditions ALIRE nous déroulent à propos du cycle de Tyranaël (dont Les Rêves de la Mer constitue le premier des cinq tomes) un recto-verso complet de critiques élogieuses de magazines littéraires et d’écrivains de renom. Le niveau d’attentes monte alors à son plus haut niveau, on a presque peur de commencer la lecture.

Et puis on se lance : immédiatement on est plongé dans un autre univers, dont il nous faudra saisir les règles au fur et à mesure de notre lecture. Un univers extrêmement riche, d’autant qu’on a deux sociétés différentes à découvrir : d’une part celle de ces hommes du XXIIème siècle qui s’emparent de cette planète, et qui doivent adapter leurs technologies (étant donnée l’absence d’électricité toute une partie de l’année dans les bas pays) ; d’autre part, la société des “Anciens” (ainsi nommés par les colons humains) que l’on découvre au travers des récits d’Eïlai et des fouilles archéologiques menées par certains personnages. Ce premier tome se concentre davantage sur la première société, celle des colons, que sur celle des “Anciens”. Bien des questions sont en effet laissées en suspens à la fin, et nous invitent ainsi à se précipiter sur les tomes suivants.

Vonarburg joue avec le lecteur, dosant avec précision le niveau d’informations qu’elle accepte de nous donner. On est donc loin de tout comprendre, ce qui participe intégralement au charme de notre lecture, puisque nous partageons ainsi le tâtonnement des colons dans leurs tentatives de compréhension des Anciens. On apprend donc pas à pas, et si l’on veut en savoir plus il nous faudra lire les tomes suivants. Parmi les questions sans réponses qui taraudent le lecteur, il y a notamment celles liées à la Mer, absolument fascinante et inquiétante, dont on se demande dès le départ si elle ne pourrait pas être une porte. Autre série de questions, celles concernant la disparition des Anciens : où sont-ils passés ? Les termes “passage” et “départ prochain” sont souvent employés par Eïlai, mais pour aller où ? Et sont-ils encore vivants, ou ont-ils accédé à un autre stade d’existence, à une sorte d’au-delà ?

Vous l’aurez compris, par rapport à mes attentes de départ, je n’ai pas été déçu par l’univers imaginé : il est d’une exceptionnelle richesse et représente sans conteste la force de ce premier tome. Toutes mes attentes n’ont cependant pas été satisfaites, puisque j’espérais être immédiatement happé dans une histoire, ce qui n’a pas été vraiment le cas. Pourquoi ? Parce que Vonarburg utilise ici un entremêlement de récits courts. Elle aurait pu choisir de nous faire lire différentes nouvelles successives se déroulant toutes sur cette planète (à la manière de Laurent Genefort, dans son roman Lum’en), mais Vonarburg a préféré nous perdre dans une multitude de morceaux d’histoires, présentés de façon dispersée et hachée. On lit ainsi des extraits de “Rêves”, ne faisant pas plus d’une demie page parfois. Que Vonarburg utilise un tel procédé, je le comprends tout à fait (cela nous place dans la tête d’Eïlai qui repense à tous ses “Rêves”, sous forme de flashs mémoriels), mais cela n’en est pas moins compliqué pour le lecteur. Et notamment pour entrer dans le roman, car le découpage est davantage accentué dans les cent premières pages.

Afin de vous donner un aperçu de ces histoires, voici quelques lignes sur trois d’entre elles :

  • Asselrod participe au rite qui doit déterminer s’il est un hékel ou non, ces êtres dotés de pouvoirs étranges. Si c’est le cas, il sera alors séparé de sa famille pour suivre tout un apprentissage.

  • Ti-Jean participe à des fouilles archéologiques clandestines, dirigées par Shandaar, l’un des premiers colons arrivés sur la planète. Shandaar souhaite vérifier ses théories que Ti-Jean juge au premier abord farfelues (il y aurait plusieurs races d’Anciens, dont l’une serait dotée de mystérieux pouvoirs…).

  • Voyage expérimental à bord de l’Entre-Deux, vaisseau capable de voguer sur la Mer. Objectif : prélever des échantillons et observer l’influence de la Mer sur les hommes. Très vite, tout ne se déroule pas comme prévu : l’Entre-Deux se retrouve mystérieusement prisonnier de la Mer, dont les courants l’empêchent de revenir vers les côtes. Constat d’autant plus inquiétant que la Mer est censée disparaître à la prochaine éclipse, qui aura lieu dans quelques jours seulement. L’Entre-Deux doit impérativement se sortir de cette situation, pour éviter que tout l’équipage disparaisse avec la Mer.

Les histoires de ce roman comportent beaucoup de charme. On prend donc plaisir à les découvrir, mais l’on ressent également une certaine frustration à voir les personnages si vite abandonnés, alors qu’ils présentent tous un potentiel énorme. Frustration que j’accepte, mais uniquement parce que j’ai l’espoir que ce premier tome serve avant tout de mise en place du cycle, et que toutes les merveilles en réserve ressortiront dans les prochains tomes.

mon impression

Ce premier tome ne satisfait donc pas toutes mes attentes (qui étaient toutefois à un tel niveau d’exigence qu’il n’y a là rien d’anormal). En effet, si l’univers imaginé est riche et d’une grande ingéniosité, je regrette par contre que Vonarburg ne se soit pas concentrée sur un nombre plus restreint d’histoires et de personnages.

Il ne s’agit toutefois là que d’un premier tome. Je ne pourrai donc établir un jugement complet qu’en ayant lu l’ensemble de l’oeuvre, soit les cinq tomes. Les critiques élogieuses, présentées en première page du livre, concernent d’ailleurs tout le cycle, et pas uniquement ce premier tome. J’espère donc – et présume ! – que toutes mes frustrations seront balayées par la suite de ma lecture et qu’in fine je considérerai Les Rêves de la Mer comme une excellente mise en place du cycle de Tyranaël. L’univers imaginé est si complexe, qu’il ne me paraît d’ailleurs pas invraisemblable de consacrer tout un premier tome à sa mise en place.

Affaire à suivre donc, avec prochainement un article sur le second tome !



Roman disponible aux éditions ALIRE

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