Barre du menu

                                                                                        

vendredi 24 juin 2016

Points chauds..........de Laurent Genefort

Titre : Points chauds
Auteur français : Laurent Genefort
Première édition en 2012
Catégorie : roman de science-fiction
229 pages

Photo du livre

2019, le monde est changé à jamais par l’apparition des premiers migrants extraterrestres. Ils arrivent par des “bouches”, sortes de portails de télétransportation reliant les planètes habitables entre elles. D’année en année elles vont se multiplier, au point de se compter par milliers tout autour du globe. De chacune d’entre elles sortent des flots d’aliens.

Aucune invasion armée à craindre : la plupart des aliens qui arrivent sont inoffensifs, et ne cherchent qu’à atteindre une autre bouche pour poursuivre leur périple. Autrement dit la Terre n’est qu’une étape de leur voyage.

Ces migrants d’un nouveau genre vont bientôt être des millions à parcourir la Terre, ce qui ne se fait évidemment pas sans heurts avec les populations locales et la communauté internationale.

Le lecteur découvre cette histoire au travers de multiples récits s’étalant de 2019 à 2036 : ceux de Léo (militaire chargé d’accélérer le transit des migrants), de Prokopyé (habitant du grand nord russe qui aide des aliens dans leur voyage), de Camila (médecin qui secourt des migrants en Somalie), et enfin de Raji (chercheur qui étudie deux extraterrestres invités en résidence). Chacun offre un regard différent sur l’évolution de notre monde.

Ne nous y trompons pas : voilà un roman qui parle avant tout de l’homme. De l’homme et de son incapacité chronique à gérer les crises humanitaires.

Ce roman est tristement d’actualité, même si les migrations pour cause de conflits militaires ou de pauvreté ont toujours existé et ne disparaîtront sans doute jamais. Ce qui peut cependant changer, c’est notre manière d’appréhender ces drames humains. Dans son roman Laurent Genefort évoque d’ailleurs assez peu les causes des migrations, se concentrant uniquement sur la manière dont les hommes accueillent les aliens.

Il s’agit donc d’un roman très engagé qui transpose dans un univers fictif ce qu’on observe déjà aujourd’hui. Le lecteur se confronte ainsi à des aliens parqués dans des camps de réfugiés ou bloqués à des frontières ; il en découvre également qui servent de main d’oeuvre industrielle bon marché, ou d’autres encore qui sont massacrés pour le plaisir de faire le mal. Le lien avec nos migrants humains est donc évident.

La présentation de quatre histoires différentes se révèle être un procédé efficace pour offrir au lecteur des situations et des points de vue très différents sur cette société en pleine ébullition. A titre d’exemple, le personnage de Léo nous montre le traitement très statistique et froid de l’immigration par la communauté internationale : la force militaire pour laquelle il travaille (Rempart) a pour mission de faire transiter le plus rapidement possible les aliens d’une bouche à une autre, de manière à ce qu’ils restent le moins longtemps possible sur Terre. Léo et ses collègues ne s’intéressent absolument pas aux aliens qu’ils accompagnent ; ils pourraient escorter un convoi de marchandises cela reviendrait au même. A l’inverse le personnage de Raji cherche à comprendre les deux aliens avec qui il travaille : pourquoi voyagent-ils ? A quoi ressemble leur monde ? Comment les aider ? …

Tous les personnages, à leur manière, aident les aliens. Et tous rencontrent des obstacles importants, qui révèlent la noirceur de l’humanité.

Au-delà de la thématique de ce roman et de sa portée éthique qui m’a beaucoup plu, il s’agit d’un texte très agréable à lire. Il est toujours fascinant d’imaginer notre monde, dans quelques années seulement, aussi transformé. On se questionne par ailleurs sur le devenir des personnages, qui traversent des situations compliquées.

Toutefois cette alternance de quatre regards n’a pas que des avantages. Il est toujours frustrant d’abandonner un personnage pour un autre, même si on sait qu’on va le retrouver d’ici quinze pages. Le roman est par ailleurs assez court (229 pages), ce qui laisse assez peu de place pour chacune des quatre histoires. Je me suis certes intéressé à tous les personnages, mais sans me passionner totalement pour eux. Cela me donne un peu l’impression d’avoir suivi quatre reportages différents sur l’immigration, quatre portraits, sans m’être complètement immergé dans l’histoire. Il y a certains romans où l’on oublie le support littéraire, on devient pour ainsi dire le personnage. Celui-là n’en fait partie.

Ce défaut est toutefois acceptable, et je pense que ce découpage de la narration sert le motif premier de ce roman, celui de nous montrer les différents traitements de l’immigration.

mon impression

Un bon roman dont la dimension éthique doit être saluée. L’univers imaginé est assez original et les quatre histoires développées sont assez intéressantes.

Le découpage du texte en quatre histoires différentes tend cependant à empêcher le lecteur de se passionner pour le destin des personnages. Le changement de personnage à chaque nouveau chapitre brusque un peu, hachant la fluidité de la lecture.

Un bon roman malgré tout, à retenir pour l’originalité du traitement de la thématique des extraterrestres. La culture SF nous a plutôt habitués à voir en eux des envahisseurs, et pas tellement des naufragés de la vie !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire