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dimanche 17 décembre 2017

Tour des damnés (La)..........une novella de Brian Aldiss

Titre : La Tour des damnés
Auteur britannique : Brian Aldiss
Première édition en 1968
Catégorie : novella de science-fiction (dystopie)
101 pages

Photo du livre

L’explosion démographique, grande angoisse du XXème siècle, a inspiré à Brian Aldiss l’idée d’une expérience sociale : enfermer 1500 volontaires dans une tour pendant plusieurs dizaines d’années pour observer ce qu’il s’y passe, et en tirer des conclusions utiles pour la gestion de la démographie dans le monde.

La novella nous amène à découvrir ce que sont devenus ces gens, 25 ans plus tard. Une nouvelle société, radicalement différente de la nôtre, s’est constituée. Brian Aldiss nous invite à venir y faire un voyage, pour mieux nous confronter à une question : doit-on ou non mettre fin à cette expérience, et sur quels fondements moraux ?

Ils étaient 1500 volontaires initialement. Mais 25 ans plus tard, au moment où le lecteur découvre cette tour, ils sont désormais 75 000. Cette forte croissance s’explique par une évolution biologique étrange : les humains enfermés dans cette tour connaissent des cycles de vie accélérés ; ils peuvent donc enfanter très jeunes, et sont déjà des vieillards vers 20 ans. En 25 ans, de nombreuses générations se sont donc déjà succédées dans la tour.

Des caméras sont dissimulées absolument partout dans la tour, permettant à ceux de l’extérieur d’observer et d’étudier tout ce qu’il s’y passe. Le monde sait donc ce que sont devenus tous ces gens, et en est même choqué. Car les conditions de vie y sont en effet très rudes : les cargaisons de nourriture qui arrivent à chaque étage, envoyées depuis l’extérieur, sont certes censées suffir à tout le monde, mais elles font en pratique l’objet de guerres de contrôle, qui créent des inégalités d’accès ; il s’agit par ailleurs d’une société dangereuse, où l’on peut facilement se faire tuer, ou enlever pour être réduit en esclavage. Chaque étage est contrôlé par une sorte de seigneur local, en guerre avec les étages du dessous et du dessus.

Devant tant d’inhumanité, l’ONU exige donc que l’on mette fin à cette expérience. Mais ceux qui la pilotent aimeraient la poursuivre, d’autant que les habitants de la tour auraient, semble-t-il, commencé à développer des pouvoirs télépathiques. Ils y voient donc un nouvel intérêt scientifique, motif suffisant à leur yeux pour pérenniser l’existence de la tour.

Un espion, Thomas Dixit, est envoyé dans la Tour, pour observer ce qu’il s’y passe. Il y va avec la peur de ne pas en ressortir vivant, et en même temps avec une grande curiosité. Très vite, son opinion est faite : peu importe les pouvoirs développés par les habitants de la tour, il faut mettre fin au plus vite à cette barbarie.

On touche là à mon sens au coeur du sujet de cette novella. Car La Tour des damnés parle en réalité assez peu du problème démographique en lui-même. Il est certes le point de départ de cette histoire, mais ensuite le grand sujet à mon sens, c’est l’interrogation sur ce que l’on a le droit d’infliger à une population, au nom de principes dits humanitaires. Car certains habitants que Thomas Dixit rencontre viennent lui dire qu’ils ne veulent surtout pas sortir de la tour. Oui, ils vivent dans des conditions difficiles, mais c’est leur monde, et ils y sont attachés. Et il est évident que la proposition de libérer tous ces hommes pour les parquer dans une réserve sauvage ne les rendrait pas heureux. En revanche, peut-être peut-on arguer que leurs futurs enfants seraient plus heureux, et parviendraient à s’adapter au monde extérieur, à la différence de leurs parents. Sacrifier ainsi une génération, pour améliorer le sort des suivantes.


mon impression

Voilà donc une novella agréable à lire, qui aborde des questions intéressantes. Il ne s’agit pour autant pas d’une oeuvre de haute qualité : l’intrigue n’est pas très intéressante et les personnages sont peu fouillés. Il faut donc lire avant tout cette novella pour ses idées. Ce texte ne faisant qu’une centaine de pages, vous y investirez par ailleurs peu de temps.




Roman disponible aux éditions Le Passager Clandestin, dans la collection Dyschroniques.

4 commentaires:

  1. Je l'ai lu il y a un moment déjà, j'en garde plutôt un bon souvenir (même si c'est presque trop court comme format pour un sujet aussi vaste)

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    1. C'est vrai que c'est court ! Étant donné la manière dont il traite le sujet, ça m'a toutefois arrangé que Brian Aldiss n'écrive pas plus de pages.

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  2. J'ai lu il y a peu de temps un Aldiss. J'ai trouvé que le récit avait souffert du passage du temps, avec la même impression que toi sur ce roman ci.
    En fait, il a l'air tout à fait recommandable, mais plutôt à ttre de curiosité.

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    1. Oui c'est tout à fait cela. Tu résumes bien les choses.

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