Barre du menu

                                                                                        

dimanche 22 avril 2018

Zero K..........un roman de Don DeLillo

Titre : Zero K
Auteur américain : Don DeLillo
Première édition, en anglais, en 2016
Catégorie : roman de science-fiction
304 pages

Photo du livre

Sur invitation de son père, Jeffrey voyage jusqu’à un complexe caché en plein désert d’Asie centrale. Il doit y retrouver sa belle-mère, affaiblie par un cancer, qui n’a désormais plus qu’une espérance de vie de quelques semaines.

La construction de ce complexe, perdu au milieu de nulle part, a été financé par des milliardaires à la recherche de l’immortalité. Les mourants qui viennent ici ne reçoivent pas un remède miracle, non : ils sont cryogénisés. On les réveillera dans un futur, plus ou moins lointain, lorsqu’on sera capable de les guérir ou de leur offrir un nouveau corps.

Certaines personnes qui se font cryogéniser ne sont toutefois pas malades. A l’image du père de Jeffrey, Ross Lockhart, qui se demande malgré sa bonne santé s’il ne devrait pas suivre son épouse pour éviter de vivre sans elle. Cela nécessite néanmoins un état d’esprit particulier : une foi aveugle dans les progrès scientifiques à venir, et aussi un refus du présent ; un refus de vivre les années à venir. Ceux qui passent par ce complexe portent d’ailleurs un regard très dur sur notre époque.

Une grande partie du roman se déroule dans ce complexe, avec un rythme assez lent, confrontant le regard de Jeffrey avec ces gens, qu’il ne comprend pas. Il les assimile plus ou moins aux membres d’une secte.

Mais Don DeLillo nous fait aussi sortir de ce complexe, pour nous faire vivre des instants tout à fait différents. On y voit ainsi Jeffrey dans sa vie à New-York, et sa relation avec une femme divorcée, qui a des difficultés à élever son fils qu’elle a adopté en Ukraine.

On pourrait croire ces deux lieux – le complexe et New-York – complètement hors sujets l’un de l’autre. Mais non, Don DeLillo nous confronte dans les deux cas à une même question : que signifie vivre avec son présent et en affronter les épreuves ? Jeffrey est un spectateur de notre monde, et a de grandes difficultés à y prendre part. Il ne parvient d’ailleurs pas à trouver l’emploi qui pourrait lui plaire ; et on se demande parfois ce qu’il fait de ses journées.

mon impression

Dans ces deux lieux, Don DeLillo nous plonge dans les difficultés relationnelles des personnages. Jeffrey qui n’a jamais réussi à s’entendre avec son père ; Jeffrey qui se souvient avec amour de sa mère, qui pourtant semblait le regarder comme une bête étrange ; et Jeffrey qui souffre de ne pas être au centre des préoccupations de sa compagne. L’écriture employée par Don DeLillo concourt à illustrer ces difficultés relationnelles : les dialogues juxtaposent des échanges d’une extrême froideur, dénués de délicatesse, comme si les humains n’échangeaient que des informations lorsqu’ils discutent, alors que la fonction du langage est aussi de transmettre des émotions.

Zero K est un roman avant tout psychologique. Vous n’y trouverez pas d’actions trépidantes, ni de suspens. Lisez-le pour ses atmosphères de qualité, pour la profondeur du personnage de Jeffrey, et ses troubles de comportement qui vous feront sourir. Zero K fait partie de ces romans dont on se souvient plus tard pour le malaise qu’il vous a fait ressentir. Un malaise difficile à traverser, mais que vous êtes postérieurement content d’avoir vécu, comme s’il participait à votre expérience de la vie.

Ce n’est clairement pas ce que je préfère en littérature, mais je trouve important de savoir se confronter de temps à autre à des textes qui s’écartent de nos goûts, pour ne pas se laisser enfermer dans un recoin de la littérature. Du moment évidemment, que l’on lise de la qualité, ce qui est le cas ici.


Chroniques de ce roman sur d’autres blogs : Shangols, Virginie Neufville, Léa Touch Book, Carbone, La Cause littéraire,


Roman disponible chez ACTES SUD

2 commentaires:

  1. je me le note dans un coin, pour l'aspect des perso que tu "vends" si bien. En revanche, il ne fera pas partie de mes priorité qui sont légions... je devrais faire des priorités de priorités...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ^^. Pour être honnête je ne suis pas certain que ça t'emballerait. Donc effectivement, ne le mets pas dans tes priorités.

      Supprimer