Barre du menu

                                                               

dimanche 21 avril 2019

Opération Sweet Tooth..........un roman de Ian McEwan

Titre : Opération Sweet Tooth
Auteur britannique : Ian McEwan
Première édition en anglais en 2012
Catégorie : littérature blanche (espionnage et romance)
374 pages

Photo du livre

Après avoir connu une passion amoureuse avec un ponte des services de renseignement britanniques, Serena se voit proposer un poste au MI5, tout juste à la fin de ses études.

Les premiers mois, elle occupe un poste inintéressant, qui l’amène à classer des documents à longueur de journée. Elle découvre d’ailleurs que malgré les brillants diplômes des femmes du MI5, seuls les hommes sont habilités à occuper des postes à responsabilité.

Sa passion pour la littérature lui vaut cependant une promotion. Elle est intégrée à l’opération “Sweet Tooth”, qui a pour objectif d’appuyer secrètement la carrière de jeunes écrivains, dont les idées promeuvent le capitalisme. On est alors au début des années 1970, et la guerre des idées fait rage entre soviétiques et occidentaux.

C’est ainsi que Serena rencontre l’écrivain Tom Haley. Prétendant représenter une fondation, elle lui propose une bourse de deux ans qui doit lui permettre d’écrire à plein temps et d’abandonner ainsi son poste d’enseignant.

Dès leur deuxième rencontre, ils deviennent amants. Séréna tombe amoureuse, mais ses mensonges la hantent : doit-elle avouer à Tom qu’elle travaille pour le MI5 ?

Ian McEwan a indiqué à la presse que son roman pouvait être lu comme une “autobiographie voilée et détournée”. Loin de nous amener à penser qu’il était lui-même à la solde du MI5, il faut plutôt y voir une indication de ce qu’il pense de ses premiers écrits et de ses difficultés d’écriture. Vous verrez qu’il porte à plusieurs reprises un regard très ironique sur les textes de Tom Haley.

J’ai beaucoup apprécié la dimension historique de ce roman : en plus de nous plonger dans le quotidien anglais du début des années 1970, que je connaissais assez mal (grèves de mineurs, flambée des prix du pétrole, rationnement, semaines de trois jours pour économiser l’énergie…), Ian McEwan nous montre que la guerre froide ne se jouait pas seulement par des affrontements militaires dans le tiers monde et par la dissuasion nucléaire : elle était aussi (si ce n’est plus) une guerre d’idées. Le succès d’un roman dénonçant le Goulag était donc tout aussi utile qu’une victoire militaire.

Ne voyez pas ce bouquin comme un roman d’espionnage haletant. Il y a d’ailleurs assez peu de suspens : dès les premières pages, Serena (narratrice) nous apprend qu’elle a été licenciée au bout d’un an du MI5 et a déshonoré son amant. Toute la question est de savoir comment elle en est arrivée là.

Ce roman se concentre beaucoup sur la psychologie de Serena, que l’on explore au travers de ses différentes passions amoureuses. Car le personnage de Tom Haley n’est absolument pas le seul amant qu’elle nous fait rencontrer : tout au long de ces pages, Serena se met en couple successivement avec quatre hommes. Chacune de ces relations diffère clairement des autres et donne beaucoup de corps au personnage de Serena. Elles constituent de loin l’une des réussites de ce roman.

mon impression

Ian McEwan se montre très ironique envers ses personnages, ce qui se révèle très amusant. Tom est présenté comme un écrivain idéaliste, qui n’échappe pas aux effets de mode en littérature, et qui s’enflamme parfois pour des idées niaises. Quant à Serena, elle apparaît un brin snob, naïve et prête à tomber amoureuse à tous les coins de rue. Et elle prend une quantité de mauvaises décisions qui nous donnent à chaque fois envie de la secouer. Je me suis senti mal pour elle plus d’une fois.

Ian McEwan fait preuve d’une très bonne maîtrise littéraire : tout est millimétré, rien n’est laissé au hasard, comme l’illustre d’ailleurs l’excellente fin (qui concourt à mon sens à réhausser l’ensemble du texte) ; le style est clair et efficace, ce que j’apprécie beaucoup.

Bref, un texte drôle, instructif et plein de finesse. Opération Sweet Tooth vaut sans aucun doute le détour !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire